
Mais c’est à la Tour de Londres que sa plume risque pour l’instant de l’entraîner. On retrouve en effet le cadavre d’un jeune homme, dont l’assassin a reproduit au détail près une scène de meurtre que Dickens a écrite quelques heures plus tôt, dans l’intimité de sa chambre.
A la veille du couronnement de la toute jeune Victoria, en cette année 1837, le cœur de l’Angleterre bat au rythme des parutions des Aventures de Mr Pickwick.
Scénariste de bandes dessinées (« Ric Hochet » notamment), André-Paul Duchâteau est également romancier à ses heures. Pour preuve cette série policière ayant pour cadre l’Angleterre du XIXe siècle, et dont l’originalité tient à son héros, Charles Dickens en personne, l’auteur d’Oliver Twist, de David Copperfield et des Grandes Espérances. Soupçonné dans chaque aventure de meurtres sordides, Dickens doit mener l’enquête pour découvrir le fin mot de l’histoire et prouver son innocence. Ainsi, dans Les chemins de lune, un mystérieux ennemi s’inspire de ses nouvelles non encore publiées pour perpétrer des crimes et le compromettre par la même occasion ; et dans Le voleur d’âmes, une série d’assassinats liés à son enquête sur les écoles du Yorkshire le met de nouveau dans la ligne de mire de Scotland Yard.
Charles Dickens est aidé dans sa recherche de la vérité par Marie Tussaud, la fondatrice du musée londonien du même nom. Ledit musée, avec ses figures de cire et sa célèbre Black room (ou Chambre des Horreurs), constitue presque un personnage à part entière des romans, dans la mesure où il sert de décor à de nombreuses scènes. Mais Les chemins de lune et Le voleur d’âmes sont surtout l’occasion de mieux connaître la vie et la personnalité de Charles Dickens, que ce soit son enfance difficile, ses problèmes familiaux, sa soif de justice ou sa lutte incessante contre les inégalités.
L’époque est plutôt bien reconstituée, même si certaines descriptions gagneraient parfois à être plus détaillées. En revanche, l’intrigue apparaît souvent légère. Trop de raccourcis, d’incohérences, de situations tirées par les cheveux, sans parler des fins bâclées. Tout cela est un peu trop superficiel pour réellement marquer les esprits.
Dernier point : Les chemins de lune et Le voleur d’âmes (très jolis titres entre parenthèses) sont écrits au présent de l’indicatif, temps que je n’apprécie guère en général, mais qui en l'occurence ne m’a pas gênée outre mesure.
Au final, une lecture plaisante sans être exceptionnelle, parfaite pour les vacances. Elle ravira en tout cas les fans de Dickens, qui pourront s’amuser à retrouver les différentes allusions à ses œuvres parsemées dans les deux romans.
A noter qu’il existe un troisième volume des aventures de Charles Dickens, intitulé Les anges de cire, dont je parlerai ultérieurement.





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