Les Araignées est l'unique roman du cinéaste allemand Fritz Lang (1890-1976), réalisateur
entre autres de «Metropolis », de « M le Maudit » et du
« Dr Mabuse ». Paru en feuilleton à Berlin en 1919, ce récit d'aventures est composé de deux histoires distinctes qui ont servi de base
aux deux premiers films du réalisateur, « Le Lac d'or » et « Le Cargo de
Diamants ».
L’histoire en quelques lignes : Kay Hoog, un jeune américain riche et aventureux, repêche lors d’une régate en mer une bouteille contenant un
message de détresse. Celui-ci émane d’un archéologue mystérieusement disparu au Mexique alors qu'il était sur la trace du trésor des Incas. Bien entendu, Kay Hoog décide aussitôt de partir à la
recherche de l’archéologue et du trésor (il y a vraiment des gens qui n’ont rien à faire de leurs journées), mais il devient alors la cible d'une puissante société secrète, « Les
Araignées », dirigée par la belle et vénéneuse Lio Sha. C’est le début d’une longue suite de péripéties qui vont mener notre valeureux héros aux quatre coins du monde…
Alléchant, n’est-ce pas ? Du moins pour tout amateur de romans d’aventures qui se respecte. Eh bien, cette accroche est trompeuse car Les Araignées s’apparente fort à une
grosse arnaque littéraire, et constitue de surcroît la preuve éclatante qu’un bon cinéaste ne fait pas forcément un bon romancier. Quelques
pages m’ont suffi pour déchanter.
Principal reproche : le récit n’est pas abouti, loin de là. J’ai découvert plus tard que Fritz Lang, pris par sa carrière, n’avait jamais eu le
temps de retravailler son texte. Eh bien franchement, on s’en serait douté ! Le style est inexistant et la structure de l’intrigue bancale (on a souvent l’impression que des scènes manquent
et les raccourcis sont légion). Au final, Les Araignées ressemble plus à une ébauche de scénario qu’à un véritable roman. A quoi s’ajoutent l’abondance des clichés raciaux (Incas
assoiffés de sang, Chinois fourbes, Noirs infantiles etc.) et la multiplication de rebondissements tirés par les cheveux qui font perdre toute crédibilité au récit. Et pour couronner le tout, les
personnages, à peine esquissés (l’auteur ne s’embarrasse pas de considérations psychologiques), sont tellement manichéens qu’ils prêtent à rire.
Enorme déception donc que ce roman. S’il n’avait pas été écrit par Fritz Lang, il n’aurait sans doute jamais eu les honneurs de la publication, ce qui
aurait épargné mon porte-monnaie (j’avais été attirée par la couverture, tirée d’un album de Tintin, mais c’est bien la seule chose potable du livre !). Si vous recherchez la
qualité littéraire, passez votre chemin ! En revanche, si vous êtes un inconditionnel de Fritz Lang ou avez gardé une âme d’enfant, ce roman vous plaira peut-être. Pour ma part, je le
considère comme totalement anecdotique, mais je suis peut-être trop dure. Quelqu’un l’a-t-il lu ? Je serais curieuse d’avoir l’opinion d’autres personnes.
Note : 3/10
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