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Dimanche 20 janvier 2008
undefinedQuatrième de couverture : Bella, seize ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, délurée et amoureuse, pour s'installer chez son père, affectueux mais solitaire. Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? À la fois attirant et hors d'atteinte, au regard tantôt noir et terrifiant comme l'Enfer, tantôt doré et chaud comme le miel, Edward Cullen n'est pas humain. Il est plus que ça. Bella en est certaine. Entre fascination et répulsion, amour et mort, un premier roman... fascinant.

Voilà un roman dont on a abondamment parlé sur la blogosphère, en bien en général. À juste titre, car j’ai passé un très bon moment en compagnie de Bella et d’Edward. Non pas que l’intrigue de Fascination soit d’une folle originalité, mais Stephenie Meyer sait mener sa barque et tenir en haleine le lecteur en mixant habilement le mythe des vampires et celui de Roméo et Juliette.  
 

Là où elle fait très fort, c’est qu’on s’identifie totalement à l’héroïne. On n’a aucun mal à se mettre dans la peau de Bella : on ressent ses émotions, on éprouve son attirance pour Edward, et pour un peu on tomberait aussi amoureuse du sublime vampire. Il faut dire que cette histoire d’une fille ordinaire qui parvient à se faire aimer d’un garçon magnifique a de quoi nourrir les fantasmes de toute lectrice normalement constituée.  

 

J’ai également beaucoup apprécié l’humour avec lequel Bella raconte son histoire. C’est une héroïne très attachante, maladroite mais brillante, et pleine de bon sens et de lucidité. Quant à Edward, il fait un vampire ténébreux de choix, je le mettrais presque au même niveau qu’Angel, c’est dire. Les personnages vampiriques du roman sont d’ailleurs très charismatiques, que ce soit Carlisle, Jasper, Rosalie, Alice ou Emmett. En comparaison, les protagonistes humains paraissent bien falots, à commencer par les amis lycéens de Bella qui ne sont pas vraiment marquants.

 
J’ai adoré toute la première partie du livre, lorsque Edward et Bella jouent au chat et à la souris et se houspillent en permanence. Curieusement, à partir du moment où ils se mettent ensemble et qu’Edward commence à débiter des mots d’amour à Bella, mon intérêt est un peu retombé, et j’ai commencé à trouver l’histoire redondante. Quand, au bout de 300 pages, Bella répète encore à tout bout de champ à quel point Edward est beau, ça me lasse. Il y a un moment un peu creux dans le roman durant lequel il ne se passe pas grand-chose, mais la fin est plus riche en action et rattrape le tout.

Abstraction faite de ce petit reproche, j’ai beaucoup aimé Fascination, et je lirai la suite avec plaisir.

En bonus, la photo de l’acteur qui, aux dernières nouvelles, va interpréter Edward dans le film adapté du roman Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne suis pas très convaincue… Ce n’est pas tout à fait l’idée que je me fais de la beauté parfaite (bon, en même temps, j’admets qu’il était difficile de prendre Viggo pour le rôle…).


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Du coup, la fille qui joue Bella est mieux, ce qui est le comble !

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Note : 8,5/10
par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Samedi 3 novembre 2007
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New-York, dans les années 1870. Newland Archer, membre de la haute société, est fiancé à la ravissante May Welland. Lors d'une soirée à l'Opéra, il rencontre la cousine de sa future femme, la comtesse Ellen Olenska, de retour d'Europe. Ellen est auréolée d'une réputation sulfureuse car elle a quitté son mari et souhaite demander le divorce, ce qui contrevient à toutes les règles de la bienséance. Newland et Ellen tombent amoureux l'un de l'autre, et le jeune homme se retrouve écartelé entre deux femmes. Aura-t-il le courage de résister à la pression d'une société puritaine et de vivre sa passion pour la comtesse jusqu'au bout ?

J'avais apprécié Xingu d'Edith Wharton, j'ai adoré Le Temps de l'innocence qui rentre au Panthéon de mes romans cultes (merci à Stéphanie de me l'avoir prêté). Il faut dire que l'histoire de Newland Archer, cet
homme prisonnier des conventions sociales qui passe à côté de sa vie, est bouleversante. Moi qui ne pleure jamais au cours de mes lectures, les dernières pages du roman ont le don de me transformer en fontaine.

Tout est subtil et délicat dans Le temps de l'innocence. L'écriture, les descriptions, les dialogues. Chaque phrase contient un monde de sous-entendus, aucun détail n'est anodin.
La haute société new-yorkaise de la fin du XIXe siècle est décrite sans concession. Avec finesse, Edith Wharton met à jour ses intrigues, ses scandales, son hypocrisie, la cruauté dissimulée sous le vernis de la frivolité et du bon ton, les traditions désuètes qui enchaînent ses membres. Et c'est bien là le thème principal du livre : montrer à quel point la société peut broyer un individu lorsqu'il ne trouve pas le courage et la force de s'y opposer.

Je retiens également le magnifique personnage de la comtesse Olenska, une femme brillante et généreuse qui aspire simplement à la liberté mais se heurte à l'étroitesse d'esprit de sa famille et de ses amis. Prisonnière, comme Newland Archer, des diktats imposés par son clan.
 
Enorme coup de coeur, donc, pour cette histoire d'amour contrarié, mais c'est un roman qui peut ne pas plaire à tout le monde. Il est vrai que l'action n'est pas son point fort. J'ai moi-même eu du mal à rentrer dedans, les premières pages ne m'ont pas emballée plus que ça, mais il faut persévérer !

Note : 10/10

A noter que le roman a été adapté au cinéma par Martin Scorsese, avec dans les rôles principaux Daniel Day-Lewis (Newland Archer), Michelle Pfeiffer (Ellen Olenska) et Winona Ryder (May Welland). Le film est somptueux et très fidèle au livre (sauf sur un point
: dans le roman, Ellen est brune et May blonde ; dans le film, c'est l'inverse, mais on ne va pas chipoter). Je vous engage à le voir si ce n'est pas encore fait !

Et une petite vidéo pour vous mettre en appétit : un montage des scènes entre Daniel Day-Lewis et Michelle Pfeiffer, sur une superbe chanson d'Enya. Emotion garantie ! 

par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Samedi 4 août 2007
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Un scandale ayant ruiné sa carrière d’enseignant universitaire et brisé sa famille, l’américain Harry Ricks fuit à Paris pour tenter d’y reconstruire sa vie. Sa nouvelle existence tourne cependant vite au cauchemar : escroqué par un hôtelier sans scrupules, il se retrouve à vivoter dans une chambre de bonne sordide du Xe arrondissement, travaillant comme veilleur de nuit pour des employeurs véreux. Alors qu’il croit toucher le fond, il rencontre une belle hongroise, Margit, avec qui il entame une liaison passionnée. Mais la vie de Margit recèle bien des mystères, et des événements macabres commencent à se produire autour du héros, entraîné dans un piège machiavélique…

J’ai enfin lu La femme du Ve, que j’avais acheté en mai lors de la rencontre organisée par le Virgin des Champs-Elysées avec Douglas Kennedy. Verdict plutôt positif : une bonne histoire, bien construite et assez originale. Rien de sensationnel, mais l’auteur a le sens de la narration, et on ne s’ennuie pas pendant la lecture (même si certaines scènes donnent parfois l’impression d’être répétitives). Kennedy excelle particulièrement dans la construction de l’ambiance glauque et crépusculaire qui baigne la descente aux enfers d’Harry Ricks dans les bas-fonds parisiens.

Les protagonistes, sans être d’un charisme époustouflant (à l’exception de Margit, aussi fascinante qu’inquiétante), sont très crédibles, et le héros assez attachant. Mais le personnage principal du roman est peut-être Paris, un Paris sombre et inhospitalier, à des années-lumière des clichés qui entourent la capitale. Des salles d’art et d’essai du VIe arrondissement aux quartiers cosmopolites du Xe en passant par le Forum des Halles, Kennedy brosse un portrait très réaliste de la ville et de sa face cachée (problème des sans-papiers notamment).

Le livre démarre comme un roman noir, avec intervention dans le récit des flics de rigueur, avant de prendre un virage surnaturel. Il semblerait que cette incursion dans le paranormal ait dérouté de nombreux fans de l’auteur. Personnellement, elle ne m’a pas gênée, j’ai même plutôt apprécié car elle rend le dernier tiers du livre haletant et le dénouement encore plus angoissant. En outre, c’est à mon sens le décalage entre le réalisme des situations et des descriptions et le recours final au surnaturel qui rend La femme du Ve intéressant.

Quelques reproches toutefois : certains passages sont assez graveleux et d’autres un peu bavards. A noter également, du point de vue de la forme, les erreurs de ponctuation, fautes d’accent et d’orthographe qui émaillent le roman, sans parler de la qualité d’impression parfois douteuse. Je ne félicite pas l’éditeur !

Au final néanmoins, un bon thriller pour les vacances.


Voir les avis de Bernard et de Tamara.

Note : 8/10

par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Vendredi 15 juin 2007
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Etats-Unis, 1935 - A Maycomb, petite ville d’Alabama où règne la ségrégation raciale, l’avocat Atticus Finch est commis d'office pour défendre un Noir, Tom Robinson, accusé du viol d’une Blanche. Ce crime est puni de mort, et Finch va tenter l’impossible pour éviter la potence à Tom, bravant l'hostilité de la population blanche de la ville. L’histoire est racontée par sa fille Scout, un vrai garçon manqué qui n’a pas sa langue dans sa poche. 

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur
est l’unique roman d’Harper Lee, grande amie de Truman Capote. Livre-culte aux Etats-Unis, il a obtenu le prix Pulitzer en 1961. Il m’a été offert par Arsenik dans le cadre du swap, et j’avais hâte de le lire compte tenu des critiques dithyrambiques qui fleurissaient à son sujet sur les blogs. En toute franchise, je dois reconnaître que j’ai été un peu déçue : j’en attendais monts et merveilles, et naturellement la réalité n’a pas été à la hauteur de mes espérances. J’ai bien aimé, mais je n’ai pas eu de coup de cœur. 

Le roman se divise en gros en deux parties. La première permet de mettre en place doucement l'intrigue, le décor et les personnages. Avec fraîcheur et drôlerie, la petite Scout raconte sa vie quotidienne : ses jeux avec son frère Jem et son ami Dill, son allergie à l'école, 
ses relations avec ses voisins, l’éducation humaniste que lui donne son père. Tout cela est charmant mais un peu longuet, et je me suis parfois demandé où l’auteur voulait en venir, même si des réponses sont apportées par la suite.

La deuxième partie du livre se focalise sur le procès de Tom Robinson. Comme souvent, la quatrième de couverture est trompeuse puisqu’elle donne l’impression que le roman est axé sur ce procès inique. En réalité, il faut attendre 250 pages pour qu’il démarre réellement, et il est bouclé en quelques chapitres. Comme c’est à mon avis la partie la plus captivante du livre, je me suis sentie un peu frustrée. 

En vérité, le procès sert surtout de prétexte à l’auteur pour brosser le tableau d’une petite ville archaïque du sud des Etats-Unis dans les années 30. Le racisme, l’injustice, la peur de l’autre, les préjugés, les mensonges, la ségrégation, tout est décrit à travers le regard enfantin de Scout, confrontée à l'hypocrisie et à la violence du monde des adultes. En ce sens, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est très intéressant, car il témoigne d’une page peu glorieuse de l’histoire des Etats-Unis, page qui n'est pas encore complètement tournée puisque certains sujets abordés sont malheureusement toujours d’actualité. 

Les personnages sont quant à eux bien troussés, la palme revenant au charismatique Atticus Finch, l’avocat au grand cœur qui, en acceptant de défendre un « nègre », se jette dans une bataille perdue d’avance et se met la ville à dos. C’est un homme pétri d’humanité, digne, courageux, intègre, tolérant, généreux etc. Bref, il est presque trop parfait pour être vrai (désolée, c’est mon côté cynique qui parle).

Au final, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un beau roman qui traite avec subtilité de sujets graves : le racisme évidemment, mais aussi la perte de l’innocence de deux gosses, obligés très tôt de quitter l'enfance.
A lire absolument : la postface d’Isabelle Hausser qui apporte un éclairage instructif sur l’œuvre et son auteur.

De nombreux blogs ont parlé de ce livre, vous en trouverez la liste ici.
A noter que le roman a été adapté au cinéma sous le titre "Du silence et des ombres" (voir l’article de Gachucha sur le sujet). 

Et encore merci à Arsenik pour ce livre que je voulais absolument découvrir !

Note : 8/10
par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Vendredi 25 mai 2007

Le magasin Virgin des Champs-Elysées organisait hier midi une rencontre-dédicace avec l'écrivain américain Douglas Kennedy (La poursuite du bonheur, Les charmes discrets de la vie conjugale, L'homme qui voulait vivre sa vie etc.).

Comme j'ai bien aimé Une relation dangereuse et que j'étais en train de lire l'excellent Cul-de-sac (critique à venir), j'ai profité de cette rencontre pour acheter et me faire dédicacer son nouveau roman, La femme du Ve, qui se passe à Paris et notamment dans le Xe arrondissement (ça tombe bien, j'y ai habité longtemps et je suis curieuse de lire la description qu'il en fait). 

Douglas Kennedy est le type même de l'américain jovial et débonnaire, et j'ai appris quelques choses sur lui. En vrac, il boit beaucoup de coca, aurait dû devenir avocat, vit à Londres en temps normal, n'aime pas George Bush, parle très bien français (en ce moment, il habite Paris à Saint-Germain-des-Prés), et prend régulièrement le métro, notamment la ligne 4 pour ceux qui connaissent. La station Château d'eau et le quartier qui l'entoure l'ont d'ailleurs inspiré pour son nouveau roman. 

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Après un échange de quelques mots et une chaleureuse poignée de main (il y a du monde derrière, pas le temps de s'attarder), je suis repartie avec mes exemplaires dédicacés de La femme du Ve et du poche de Cul-de-sac que j'avais sur moi.

Au final, une rencontre sympathique !

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par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Mardi 22 mai 2007

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Moins que zéro
est le premier roman du sulfureux Bret Easton Ellis. Publié en 1985, le livre a connu un immense succès et propulsé son auteur, alors âgé de vingt-et-un ans, vers la gloire. Moins que zéro relate une tranche de vie de Clay, un jeune et riche étudiant de l’université de Camden qui retourne dans sa ville natale, Los Angeles, pour les vacances d’hiver. Là, il traîne son ennui de fête en fête où il se défonce avec des amis aussi désoeuvrés et friqués que lui…

Autant dire d'emblée que l'action n'est pas le point fort de ce roman. En vérité, il ne s'y passe pas grand chose. L'intrigue se caractérise par son minimalisme (fêtes, drogue et sexe : les scènes se suivent et se ressemblent), tout comme les personnages, assez creux, et le style volontairement très dépouillé. Cela induit une certaine monotonie, au point qu'arrivé à la dernière page, on peut se poser la même question que devant un film de Sofia Coppola : est-on en présence d’une preuve de génie ou d'une totale fumisterie ?   

Bon, dans le cas d'Ellis, je pencherais plutôt pour du génie : on adore ou on déteste Moins que zéro, mais en tout cas c'est un livre qui a le mérite de ne pas laisser indifférent. Car ce n'est pas tant l'histoire qui importe que les sentiments qu'elle procure. Clay, le narrateur drogué et bisexuel, est conscient de la vacuité de son existence et se sent décalé par rapport aux gens qui l’entourent. A travers son regard détaché éclatent la décadence et la violence latente d’une jeunesse dorée en mal de sensations fortes qui ne sait plus quoi inventer pour s’amuser. Drogue, sexe, snuff movie, viol, prostitution… tout est bon pour faire fuir l’ennui. Le tour de force d'Ellis est qu’à la fin du roman, on se sent aussi mal que le héros, écoeuré par cet étalage de cynisme et de perversité.

L’ambiance du roman est glauque et malsaine, à l’image de Los Angeles décrite ici comme une ville sans âme dans laquelle « on peut disparaître sans même s’en apercevoir ». Certains passages sont très durs, et de ce fait le roman peut rebuter.  

Voici d’ailleurs un extrait assez significatif du livre. Clay se trouve en voiture avec sa mère et ses deux petites soeurs âgées de 13 et 15 ans. Ces dernières le harcèlent pour savoir pourquoi il ferme la porte de sa chambre à clef quand il s'absente : 

"M'man, dis-lui de me répondre. Pourquoi tu fermes ta porte à clef ?"
Je me retourne vers elle. "Parce que la dernière fois que j'ai laissé ma porte ouverte, vous m'avez volé un quart de gramme de cocaïne. Voilà pourquoi". 

Mes soeurs restent muettes. [...] Quand nous arrivons à la maison, la benjamine me dit, par-dessus la piscine : "Tu racontes des conneries. J'suis capable d'acheter ma cocaïne toute seule". 

Ambiance... On est loin de "La petite maison dans la prairie" !
 
Réaliste et terrifiant, Moins que zéro constitue une excellente entrée en matière pour découvrir l’œuvre de Bret Easton Ellis, d’autant qu’il est court et se lit très vite.  

Ce roman ne plaira pas à tout le monde, mais c'est une expérience à tenter, même si l’on sort éprouvé de la contemplation du vide intersidéral que constituent les vies privées de sens et de valeurs des protagonistes.
 
Note : 8,5/10
par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Jeudi 17 mai 2007

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Connue dans le monde entier pour son roman Les quatre filles du Dr March, l'américaine Louisa May Alcott nous offre avec Derrière le masque (1866) une intrigue beaucoup plus noire dont l'action se situe dans l'Angleterre victorienne du XIXe siècle. Le récit s'articule autour des manigances d'une jeune femme audacieuse et sans scrupules, Mademoiselle Jean Muir, qui se fait engager comme gouvernante dans une famille de riches aristocrates, les Coventry. Grâce à son charme et sa gentillesse, elle gagne les faveurs de tous, mais son comportement angélique cache une ambition dévorante qu'elle n'aura de cesse de satisfaire.

L'intérêt principal de Derrière le masque réside dans son héroïne, Mlle Muir. Admirable comédienne, manipulatrice hors-pair, psychologue-née, elle utilise les faiblesses de chaque membre de la famille Coventry pour mieux le séduire. Sa persévérance est admirable : elle s'est fixée un but et utilise tous les moyens pour l'atteindre, prenant un par un dans ses filets les mâles de la famille. Bien que sournoise, Mlle Muir n'est pas totalement pervertie. Elle éprouve parfois des remords ou des élans de gratitude qui montrent qu'elle n'est pas si mauvaise et que son attitude est plus guidée par la volonté de se faire une place au soleil que par une réelle méchanceté. Elle exècre l'hypocrisie sociale et porte un regard lucide et ironique sur son environnement, ce qui en un sens la rend attachante.
  
Malgré son intéressante héroïne, je ne qualifierais pas Derrière le masque de chef-d'oeuvre. La langue est agréable, mais il y a beaucoup de raccourcis dans le récit et certains passages auraient gagné à être plus étoffés. Cependant, la fin délicieusement immorale et la dernière réplique du livre, brillante, rehaussent le niveau.
  

Derrière le masque constitue une lecture agréable même si je n'ai pas été complètement emballée. Il ravira néanmoins les adorateurs de l'époque victorienne. 

Voir les avis de Majanissa, Cuné et Clarabel

N
ote : 7,5/10

par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Mercredi 9 mai 2007


1950 - Le matin qui suit leur nuit de noces, l'époux d'Ariah Littrel se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara. La Veuve blanche des Chutes, ainsi que la surnomme la presse, veille une semaine entière jusqu'à ce que le corps de son mari soit retrouvé. Durant cette période, la jeune femme attire l'attention de Dirk Burnaby, un brillant et séduisant avocat de Niagara Falls qui tombe fou amoureux d'elle. Une passion ardente lie le couple qui va connaître dix ans de bonheur absolu avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur leur famille. C'est aux trois enfants Burnaby qu'il appartiendra de découvrir les secrets du drame qui a brisé la vie de leurs parents...

Les Chutes
(Prix Femina du roman étranger 2005) est le premier roman de Joyce Carol Oates que je lis, et je n'ai pas été déçue. L'histoire, très dense, est difficile à résumer
tant elle emprunte des directions surprenantes. Le roman démarre très fort avec le suicide du jeune pasteur Littrell le lendemain de son mariage. J'ai trouvé les chapitres d'ouverture réellement magnifiques. D'une intensité fiévreuse, les premières pages plantent le décor en instaurant une ambiance sombre et tumultueuse qui perdurera tout le long du livre. Après le mariage d'Ariah avec Dirk Burnaby, l'intrigue prend ensuite un tournant inattendu puisque se développe sur fond de boom économique un scandale à la Erin Brokovitch lié à la pollution industrielle. De ce scandale va découler la tragédie qui va détruire la famille Burnaby.

L'un des points forts de cette saga familiale réside dans ses personnages à la psychologie fouillée, et plus particulièrement dans celui d'Ariah qui domine tout le récit. Difficile de trouver caractère plus énigmatique que cette femme complexe et bourrée de contradictions, à la fois attachante et exaspérante, forte et craintive. Après le suicide de son premier mari, Ariah se considère comme damnée. Dès lors, elle vivra dans le fatalisme, s'attendant toujours au pire pour ne pas être déçue (ainsi, malgré l'amour que lui porte Dirk Burnaby, elle est persuadée qu'il finira par l'abandonner). Je ne saurais dire si j'ai aimé ou détesté le personnage d'Ariah, mais ce qui est sûre, c'est qu'elle ne m'a pas laissée indifférente. Son caractère entier, sa fierté ("Toute faiblesse lui inspire du dégoût, et la sienne le dégoût d'elle-même"), son refus des concessions la rendent très intéressante et forcent même parfois l'admiration.

L'autre point fort du roman consiste dans le réquisitoire que Joyce Carol Oates dresse contre les dérives environnementales de la gigantesque expansion industrielle des années 50-60 aux Etats-Unis. Dans la région de Niagara Falls se multiplient en effet à cette époque les usines chimiques, et cette prolifération se fait sans souci des conséquences écologiques et humaines : rendus malades par les déchets chimiques, des gens meurent dans l'indifférence générale. Motivés par l'appât du gain, les notables font preuve d'un cynisme terrifiant, fermant les yeux sur les implications mortelles du développement économique. Joyce Carol Oates dresse un tableau très noir de ces élites violentes et corrompues, cependant contrebalancé par le personnage au grand coeur de Dirk Burnaby qui lutte pour tenter de mettre fin à ce scandale.

A la fois roman social et politique et histoire d'amour passionnée, le récit possède un charme vénéneux et envoûtant, à l'instar des chutes du Niagara qui ont donné leur nom au livre. Car ce sont elles qui constituent le coeur du roman. Loin de leur image touristique, c'est leur aspect maléfique qui est ici souligné, puisqu'elles sont décrites comme source de mort. Il n'empêche qu'une fois le livre refermé j'ai eu très envie de traverser l'Atlantique pour les voir en vrai !

Comme vous l'aurez compris, Les Chutes est loin d'être un roman comique. Le style de Joyce Carol Oates transpire le drame
, et ce n'est pas certain qu'il plaise à tout le monde. Mais personnellement, j'ai beaucoup aimé son écriture subtile, et je retenterai volontiers l'expérience.

Voir les critiques de
Loupiote, d'Alexandra, de Choupynette et d'Agapanthe.

Note : 9/10

par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Samedi 17 mars 2007


Sally, journaliste américaine de 37 ans, est correspondante du Boston Post au Moyen-Orient. Envoyée couvrir une catastrophe humanitaire en Somalie, elle rencontre Tony Hobbs, un reporter anglais. C'est le coup de foudre. Aussi indépendants l'un que l'autre, ils décident cependant de se marier lorsque Tony se voit offrir un poste important au siège de son journal à Londres et que Sally se retrouve enceinte. La vie rêvée se transforme rapidement en cauchemar : la grossesse de Sally se passe mal, et elle fait une grave dépression post-natale. Mais le pire est à venir, car son mari monte contre elle une terrible machination...

J'ai découvert Douglas Kennedy avec ce roman. Ses fans s'accordent à dire que ce n'est pas son meilleur, mais pour ma part, je l'ai trouvé assez réussi, en dépit de quelques longueurs. Le personnage de Sally, qui nous raconte son histoire, est très crédible (saluons le talent de l'auteur qui arrive parfaitement à se glisser dans la peau d'une femme), et les différentes étapes de sa descente aux enfers sont retracées avec beaucoup de réalisme, que ce soit sa vie solitaire à Londres, une ville où elle n'a ni amis ni famille, ses relations complexes avec un époux qu'elle connaît à peine, ou les affres de sa dépression post-natale, décrites avec un luxe de détails qui donne des frissons. L'effondrement de Sally est d'autant plus spectaculaire qu'elle est loin d'être une faible femme : c'est au début du livre une journaliste aguerrie, courageuse, éprise de liberté et dotée d'un sang-froid à toute épreuve. Le contraste avec la suite du roman est frappant.

Si la première partie d'Une relation dangereuse aurait peut-être gagné à être plus ramassée (la dépression post-natale traîne en longueur et finit par devenir agaçante), le reste du récit, plus palpitant, se dévore très vite. Trahie par son mari, Sally reprend en effet du poil de la bête pour contrecarrer ses sinistres projets.

Bien écrit, facile à lire, Une relation dangereuse permet de passer un bon moment. Sa lecture est toutefois déconseillée aux femmes enceintes ou sur le point de se marier !

Note : 8/10

par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Dimanche 18 février 2007


Alabama, été 1965 : la belle et excentrique Lucille débarque chez sa mère avec ses six enfants. Poussée à bout, elle vient de tuer son mari Chester dont elle a coupé la tête avec un couteau électrique avant de la mettre dans un tupperware. Affranchie des liens du mariage, Lucille veut désormais se consacrer à son rêve : tenter sa chance à Hollywood et devenir une star. Dans le même temps, son neveu Peejoe, âgé de 12
ans, assiste à la multiplication des conflits entre Noirs et Blancs en Alabama...

Voilà un roman comme je les aime : des sujets graves abordés avec humour, une  héroïne extravagante, un zeste de folie, de l'émotion et une intrigue rondement menée. Ne vous laissez pas rebuter par l'histoire de la tête tranchée : il n'y a rien de gore ou de sanglant dans ce livre. La tête dans le carton à chapeaux est avant tout un hymne à la liberté, tant individuelle que collective, à travers les destinées parallèles de Lucille et de son neveu Peejoe.

Sous ses dehors égoïstes et superficiels, Lucille est en réalité une femme blessée qui étouffe dans la médiocrité de son existence conjugale et rêve d'un avenir meilleur. En cela, elle est attachante, et sa quête d'amour et d'indépendance ne peut laisser le lecteur indifférent. Lorsqu'elle part pour Hollywood, elle emmène avec elle la tête de son époux dans un carton à chapeaux, d'abord parce qu'elle peut ainsi enfin lui parler à sa guise et librement, et ensuite afin qu'il puisse la voir réussir. Mais la route vers la gloire est longue et semée d'embûches. Pendant ce temps, en Alabama, Peejoe est témoin de la révolte des Noirs qui protestent contre la discrimination dont ils sont victimes. Le racisme et la ségrégation raciale en vigueur dans l'Amérique des années 60 font l'objet d'une évocation forte et bouleversante qui culmine dans la scène de la piscine. Ces deux récits (l'émancipation de la femme et celle du peuple noir) s'entrecroisent pour aboutir à la même conclusion : le prix à payer est lourd pour obtenir la liberté...

Comme vous l'aurez compris, La tête dans le carton à chapeaux est un roman formidable et déjanté qui
marie habilement situations tragiques et cocasses, humour et émotion (certaines scènes sont poignantes). A noter qu'Antonio Banderas a tiré du livre un film très réussi. Il y met en scène sa femme Melanie Griffith, qui se débrouille plutôt bien dans le rôle de Lucille.

Note : 9,5/10

par Caroline publié dans : Littérature américaine
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Calendrier

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Auteurs de A à Z

ALCOTT, Louisa May : Derrière le masque
ALI, Monica : Sept mers et treize rivières
ALLENDE, Isabel : Le royaume du dragon d'or

ATKINSON, Kate :
- Dans les replis du temps
- Sous l'aile du bizarre
- La souris bleue
- Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux
ATWOOD, Margaret : Captive

AUSTER, Paul : Mr. Vertigo

BARJAVEL, René : La nuit des temps
BERNARD, Tristan : citations 
BLIXEN, Karen : La ferme africaine

BONGRAND, Caroline : Pitch

BRADDON, Mary Elizabeth : Henry Dunbar

CHILDRESS, Mark : La tête dans le carton à chapeaux

CLARKE, Stephen : God save la France

COE, Jonathan : Testament à l'anglaise
COLLINS, Warwick : Fuckwoman

COLLINS, Wilkie : 
- Basil
- La dame en blanc 
- La Pierre de lune

CORLETT, William : Deux garçons bien sous tous rapports
DAHL, Roald : Kiss Kiss

DUCHATEAU, André-Paul :
- Les chemins de lune
- Le voleur d'âmes
ELLIS, Bret Easton : 
- Moins que zéro
- Lunar Park

ERRE, J.M. : Prenez soin du chien
FFORDE, Jasper : L'affaire Jane Eyre
GARCIA MARQUEZ, Gabriel : Journal d'un enlèvement
GAVALDA, Anna : Ensemble, c'est tout

GOMBROWICZ, Witold : Les envoûtés

GRAN, Iegor : O.N.G.!

HARRIS, Robert : Fatherland

HAYDER, Mo : Tokyo
HORNBY, Nick : Haute fidélité

JAMES, Henry : Washington Square

KENNEDY, Douglas : 
- Cul-de-sac
- Une relation dangereuse
- La femme du Ve

KOBO, Abé : La femme des sables 
LANG, Fritz : Les Araignées 
LEE, Harper : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

McCANN, Colum : Danseur

McEWAN, Ian : Délire d'amour
MEYER, Stephenie : Fascination
NEMIROVSKY, Irène : Ida
NOTHOMB, Amélie :
- Le sabotage amoureux
-
Mercure
- Métaphysique des tubes
OATES, Joyce Carol : Les Chutes

PEREZ-REVERTE, Arturo : Le capitaine Alatriste

PERRY, Anne : Un étranger dans le miroir

PROULX, Annie : Brokeback mountain
ROWLING, J.K. : Harry Potter et les Reliques de la Mort
RUIZ ZAFON, Carlos : L'Ombre du vent
SAGAN, Françoise : Les faux-fuyants

SEBOLD, Alice : La nostalgie de l'ange

SINOUE, Gilbert : Le Livre de saphir

STACE, Wesley : L'infortunée

SUZUKI, Koji : Ring

TROYAT, Henri : Les Eygletière

URASAWA, Naoki : Monster

VAN CAUWELAERT, Didier : 
- Attirances
- L'éducation d'une fée
VIAN, Boris : J'irai cracher sur vos tombes

WEISBERGER, Lauren : Le Diable s'habille en Prada 
WHARTON, Edith :
- Xingu
- Le Temps de l'innocence
WILSON, Francis Paul : La forteresse noire

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