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Dimanche 13 janvier 2008
Attention, cet article contient des spoilers !

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Voilà enfin la chronique du dernier volume de Harry Potter, série qu’on ne présente plus. Même si j’ai une nette préférence pour les trois premiers tomes de la saga, j’attendais le final avec impatience. Je n’ai pas été déçue, car Harry Potter et les Reliques de la Mort clôt en beauté les aventures du sorcier à lunettes.
 

Dumbledore mort, Harry décide de ne pas retourner à Poudlard à la rentrée. En compagnie de ses fidèles Ron et Hermione, il se lance à la recherche des horcruxes, qui contiennent les fragments de l’âme de Voldemort, dans le but de les détruire. À cette quête va venir se superposer une deuxième, celle de reliques supposées faire de leur possesseur le Maître de la Mort…

 

Le roman démarre sur les chapeaux de roue avec une mémorable poursuite en balais. J.K. Rowling avait annoncé des morts, eh bien il y en a dès les premiers chapitres (snif). L’histoire bifurque ensuite vers des sentiers inhabituels. Pas de voyage en Poudlard Express, de quidditch ou de cours de potion et de défense contre les forces du mal dans cet opus. C’est la guerre, on ne rigole plus ! Harry, Ron et Hermione voyagent à travers le pays pour mettre la main sur les horcruxes. Toute cette partie se lit très agréablement, mais j’ai parfois eu l’impression que l’intrigue tournait en rond et qu’il ne se passait pas grand-chose.

 

Qu’importe, le dernier quart du roman, grandiose, rattrape tout, et il devient très difficile de lâcher le livre avant le point final. Car à Poudlard se déroule l’ultime bataille opposant les forces du Bien et du Mal, et là, c’est l’apothéose. Tous les personnages principaux sont présents, à commencer bien sûr par les membres de l’Ordre du phénix, et J.K. Rowling multiplie les références aux tomes précédents (les centaures, les araignées géantes, le basilic, la Chambre des secrets etc.). Le suspense est presque insoutenable : impossible de savoir qui va s’en tirer et qui va succomber aux assauts des troupes de Voldemort. Le sort de Harry lui-même est incertain. Pratiquement jusqu’à la dernière page, il est difficile de deviner s’il va s’en sortir vivant ou pas.

 

En ce sens, le roman est très bien construit : le suspense va crescendo pour exploser dans un final épique. Bon, je me suis un peu perdue dans les histoires de baguettes, mais on ne va pas chipoter pour si peu. Au final, on ne peut qu’admirer la cohérence de l’ensemble de la série.

S’agissant des personnages, certains finissent de se révéler, comme Neville Londubat, d’autres créent la surprise (Molly Weasley terrassant Bellatrix Lestrange). Quant à Dumbledore, même mort il reste omniprésent, et les révélations qu’a faites J.K. Rowling sur sa relation avec Grindewald apportent un éclairage intéressant à l’intrigue.

 

Beaucoup d’émotions donc dans ce volume, la palme du moment le plus poignant revenant à la mort de Rogue (je vous avais prévenu qu’il y avait des spoilers !), lorsqu’il dit à Harry : « Regardez-moi » (double snif). Mon cœur tendre a été très ému par son histoire avec Lily Evans.

 

Un petit bémol cependant : je n’ai pas été convaincue par l’épilogue qui en révèle trop peu à mon goût. Que fait Harry dans la vie, où vit-il ? J’aurais bien aimé avoir les réponses à ces questions.

 

En conclusion, un excellent dénouement pour une excellente série.


par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Mercredi 24 octobre 2007
Coup de tonnerre dans le monde d'Harry Potter ! J.K. Rowling a révélé vendredi dernier, lors d'une lecture publique au Carnegie Hall de New York, que Dumbledore était homosexuel, et qu'il avait été amoureux du sorcier Grindelwald !

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J'ai trouvé cette information ébouriffante sur Yahoo people (ici et ), dont je suis une lectrice assidue (oui, oui, j'ai des activités très culturelles). Manifestement, la nouvelle a suscité la colère
de groupes chrétiens de droite aux Etats-Unis (il y a vraiment des gens qui n'ont rien à faire de leurs journées).

Soutenons Dumbledore contre l'obscurantisme et l'intolérance ! Dumbledore, on t'aime !!!!!

par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Samedi 6 octobre 2007
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Basil, le narrateur, est un jeune aristocrate issu d’une riche famille. Il rencontre un jour à Londres Margaret Sherwin, la fille d’un simple commerçant, et tombe aussitôt follement amoureux d’elle. En cachette de son père qui désapprouverait cette mésalliance, Basil épouse Margaret, mais il est loin de se douter qu’il vient de tomber tête la première dans un piège machiavélique…

Basil est l’un des premiers romans de Wilkie Collins (il l’a écrit à l’âge de 27 ans), et on y trouve déjà les ingrédients qui feront le succès de ses œuvres suivantes : du suspense, des personnages tourmentés, et une peinture peu reluisante des dessous de la société victorienne, société dans laquelle les apparences de la respectabilité dissimulent les plus noirs desseins et les plus viles ambitions.  

Basil, le héros au cœur pur, choisit de transgresser les conventions sociales en épousant une ravissante jeune fille d’un milieu inférieur au sien (jeune fille qui, au demeurant, n’est guère sympathique, mais le pauvre garçon est aveuglé par la passion). Il se marie en secret pour échapper à l’opposition familiale, et son beau-père, le cupide et ambitieux M. Sherwin, en profite pour lui imposer une étrange condition : l’union ne pourra être consommée qu’au bout d’un an. Basil accepte (et là on se dit qu’il est vraiment couillon). A partir de ce moment, le cauchemar commence. Peu à peu, Basil est envahi par le doute et commence à flairer de sombres manigances, incarnées en la personne de Mannion, un sinistre individu proche de Margaret. Notre infortuné héros va être confronté à moult vicissitudes jusqu’au dénouement final hautement mélodramatique.

Vous l’aurez compris, Basil est un jeune homme naïf (pour ne pas dire niais), tellement naïf que j’en suis presque arrivée à me dire qu’il méritait bien tous les problèmes qui lui tombaient sur la tête. D’autant qu’il ne nous épargne aucun de ses états d’âme, exposés en long, en large et en travers. Le rythme est de ce fait assez lent (même si l’action s’accélère vers la fin), au point que le roman m’a paru souvent longuet. Quant aux personnages, ils sont un peu trop manichéens pour être vraiment intéressants (à l’instar de Clara, la sœur de Basil, aussi angélique que soporifique), et je dois dire que je me suis parfois ennuyée.

Malgré ces (très subjectifs) défauts, Basil est
un roman de bonne facture, dans lequel Collins dévoile une fois de plus toute l’obscurité de la nature humaine. J’ai cependant largement préféré La dame en blanc ou La pierre de lune, plus dynamiques et prenants.


A noter que l’éditeur précise sur la quatrième de couverture : « 
A ne pas lire la nuit si l’on veut dormir en paix ». Bon, il ne faut pas exagérer, la lecture de Basil ne m’a quand même pas empêché de fermer l’œil…

Voir l’avis plus enthousiaste du Bibliomane.


Note : 7/10

 

par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Lundi 10 septembre 2007
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Londres, 1985.
Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l'origine des plus folles inventions, on a parfois envie d'un peu plus d'aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l'héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d'une fin certaine... (quatrième de couverture).

J’ai enfin lu L’affaire Jane Eyre qui m’attendait depuis un moment dans ma PAL. Alléchée par le sujet plus qu’original et les excellentes critiques de divers blogueurs, j’en attendais beaucoup, mais voilà, j’ai été déçue. Je ne serais peut-être pas aussi sévère que Lou, mais globalement je partage son avis. Il y a quantité de très bonnes choses dans ce roman, mais pas assez à mon sens pour en faire réellement une œuvre incontournable. Alors résumons les points forts et les points faibles de L’affaire Jane Eyre.

Côté pile :
- de la fantaisie et une grande inventivité : Jasper Fforde a de l’imagination à revendre, cela saute aux yeux dès les premières pages du roman. Il a créé une uchronie délirante et en même temps très cohérente. Dans ce monde parallèle, le Pays de Galles est indépendant, la guerre de Crimée qui oppose l’Angleterre à la Russie dure depuis 131 ans, on croise des vampires et des loups-garous, et le clonage est monnaie courante, tout comme les voyages dans le temps. A cela s’ajoute quantité de trouvailles réjouissantes (entre autres : le Shakesparleur, distributeur automatique de monologues de Shakespeare, ou encore le Portail de la Prose qui permet de pénétrer dans n’importe quel livre);
- un univers centré sur la Littérature :
les amoureux des livres seront ravis d’apprendre que dans ce monde créé par Fforde, les gens sont obsédés par la littérature. Les LitteraTecs de l'OS-27 (Brigade littéraire du service des opérations spéciales à laquelle appartient Thursday) sont d’ailleurs chargés de faire régner l’ordre dans ce domaine. Bourré de références littéraires, le roman est de ce point de vue très ludique;

- un mélange des genres réussi : L’affaire Jane Eyre mêle habilement policier, suspense, science-fiction, fantastique…;
- des idées désopilantes (Rochester faisant visiter Thornfield Hall à des touristes japonais pour arrondir ses fins de mois);
- de fines références culturelles, notamment dans les noms des personnages (Spike le chasseur de vampires, Achéron Hadès etc.);
- une utilisation très astucieuse du roman Jane Eyre (il n’est cependant pas obligatoire de l’avoir lu pour comprendre l’intrigue, car Thursday nous en fait gentiment un résumé au cours du récit).


Côté face
:

- le gros point noir : des personnages absolument pas à la hauteur de l’univers dans lequel ils évoluent. Dans l’ensemble, leur manque d’épaisseur les rend décevants. Ainsi, le méchant, Achéron Hadès, est si caricatural qu’il en devient ridicule. Pis encore, l’héroïne est un vrai désastre ! My god, que cette pauvre Thursday est rustre ! Franchement, si le personnage principal avait été un homme, on n’aurait pas vu la différence. Je n’ai éprouvé aucune sympathie pour Thursday, trop froide, trop distante, même si l’auteur a essayé de l’humaniser en glissant l’histoire d’amour avec Landen (histoire d’amour qui procure à peu près autant d’émotion que la lecture d’un ticket de supermarché);

- une traduction pas toujours très heureuse (certaines phrases sont écrites dans un français assez approximatif);
- une intrigue parfois tirée par les cheveux et des comportements pas très crédibles (exemple : l’oncle et la tante de Thursday se font enlever par un dangereux criminel, et elle va passer la soirée au théâtre avec son ex comme si de rien n’était);
- un humour qui tombe souvent à plat (la faute à la traduction ?) : j’espérais un roman beaucoup plus drôle et enlevé.


Bref, L’affaire Jane Eyre est un livre qui sort du lot, je ne peux pas dire le contraire, mais le charme n’a pas opéré sur moi. Je ne suis jamais vraiment parvenue à rentrer dans l’histoire, d’où mon avis très mitigé au final. C’est une lecture agréable, certes, mais en-deçà de ce que j’attendais. Le deuxième volume des aventures de Thursday, Délivrez-moi, est dans ma PAL, peut-être me convaincra-t-il davantage.

Voir le grand cri d’amour de Fashion victim pour Jasper Fforde,
et les avis plus ou moins enthousiastes de Allie, Flo, Lilly, Yue yin, Louis, Clochette, Morwe
nna, Gachucha et Kalistina (désolée pour ceux que j’oublie).

 

par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Lundi 3 septembre 2007
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A Edimbourg, pendant le festival de théâtre, se produit un accrochage entre deux automobilistes : une Honda emboutit une Peugeot. Bien que les dégâts soient minimes, le chauffeur de la Honda se met à frapper sauvagement celui de la Peugeot avec une batte de base-ball. Un témoin s’interpose et parvient à faire fuir l’agresseur. L’incident semble clos, mais c’est en réalité le point de départ d’aventures hautes en couleurs dans lesquelles se retrouvent impliqués plusieurs témoins de l’incident, à commencer par Jackson Brodie, l’ex-détective privé devenu millionnaire, héros de La souris bleue.

Je me délectais à l’avance de la lecture du dernier roman de Kate Atkinson paru en France, et je n’ai pas été déçue. Ce pavé (540 pages en version poche) tient toutes ses promesses, et je m’incline une fois de plus humblement devant le génie de cet auteur (comment ça, j’en fais trop ?) qui parvient à mêler avec brio enquête policière à suspense et satire de la vie contemporaine britannique.


Tout est réussi dans Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux. La galerie des personnages tout d’abord est incroyable : outre le très attachant Jackson, qui a toujours le chic pour se fourrer dans le pétrin, et sa compagne Julia, comédienne ratée également rencontrée dans La souris bleue, on trouve dans les rôles principaux Martin, un timide auteur de romans policiers, Gloria (mon personnage préféré), l’épouse d’un promoteur immobilier véreux dont on ne sait pas trop si elle est une sainte ou une psychopathe, Louise, une policière efficace dans son travail mais qui a du mal à gérer son adolescent de fils, ou encore Tatiana, une mystérieuse call-girl russe. Mais comment Kate Atkinson parvient-elle à créer des personnages aussi vivants ? Ils sont tous si réels, avec leurs rêves, leurs défauts, leurs angoisses, qu’on ne peut s’empêcher d’éprouver une grande tendresse pour eux, et c’est à regret qu’on les quitte à la fin du livre (au point que j’ai lu les dernières pages très, très lentement pour faire durer le plaisir). 

 

Et l’intrigue ! Du grand art, comme toujours, car elle est complexe, foisonnante et cependant jamais obscure. La construction est brillante : les chapitres suivent alternativement les différents protagonistes, et peu à peu des liens se tissent entre chaque histoire, les pièces du puzzle s’emboîtent progressivement comme des poupées russes, jusqu’à ce que tous les rouages de l’intrigue apparaissent en pleine lumière. Toutes les questions sont résolues à la fin, donc pas de frustration pour le lecteur. Admirons le travail d’orfèvre de Kate Atkinson, qui réussit même l’exploit de glisser un coup de théâtre à la dernière ligne du roman !

 

Et l’humour ! L’humour caustique, c’est presque la marque de fabrique de Kate Atkinson qui excelle à épingler férocement tous les travers de la société. En vrac, le snobisme culturel et le théâtre d’avant-garde (la pièce dans laquelle joue Julia s’intitule « A la recherche de l'équateur au Groënland », mais ne parle ni de l’équateur, ni du Groënland ni de la moindre recherche), la dure condition de l’écrivain, le cynisme des promoteurs immobiliers, le culte des affaires et de l’argent, l'exploitation sexuelle des femmes d'Europe de l'Est et j’en passe. Ca décape ! Mais le roman contient aussi son lot de moments émouvants, en particulier lorsque Kate Atkinson aborde la problématique du couple (Jackson/Julia) ou les relations familiales à travers les personnages de Louise et de Gloria notamment (ses romans sont peuplés de Desperate housewives).

 

J’ajoute juste que j’adorerais retrouver Jackson Brodie dans un troisième volume (et aussi savoir à l’occasion qui était vraiment Tatiana !).

 

Et voilà, une fois encore je mets une excellente note à Kate, parce qu’elle le vaut bien. 

Note : 9,5/10

 

Voir les avis tout aussi élogieux de Tamara, Agapanthe, Cuné, Cathulu, Elfique et Morwenna.

 
  
par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Dimanche 29 juillet 2007
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Richard, riche producteur londonien de 70 ans, emménage avec son jeune amant Bless dans le château qu'il vient d'acquérir à Bellingford, petit village tranquille de la campagne anglaise. Avec l’arrivée de ce couple homosexuel, les malentendus et quiproquos en tous genres se succèdent, les situations burlesques se multiplient, et un vent de folie se met à souffler sur la bourgade…

Deux garçons bien sous tous rapports
est une comédie sympathique et sans prétention. L’idée de base est excellente : la confrontation entre Richard et Bless, citadins branchés, et les habitants du village choqués par la présence d'un couple d'hommes ne manque pas de piquant et est propice à un déluge de rebondissements loufoques. La galerie des personnages est haute en couleurs : tous les protagonistes sont plus ou moins déjantés, qu’il s’agisse des excentriques amis londoniens des héros ou des autochtones. De ce fait, plusieurs scènes sont amusantes, et on sourit souvent.

On sourit, mais on ne rit pas vraiment. Force est de constater en effet que le roman n’est pas à la hauteur du potentiel comique de l’intrigue. La faute peut-être à une histoire qui a tendance à s’éparpiller, à un trop grand nombre de personnages et à des dialogues parfois confus (difficile de savoir qui parle). De surcroît, le roman prend de temps en temps un tour un peu trop irréaliste pour être crédible.

Impression mitigée donc. Deux garçons bien sous tous rapports permet de passer un agréable moment de détente, mais il n’est pas inoubliable. Vu le sujet, je m’attendais à un roman beaucoup plus tordant. Pour couronner le tout, la couverture est affreuse !

Note : 7,5/10
 
par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Dimanche 8 juillet 2007
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Cynthia Lelague, jeune et séduisante journaliste à Los Angeles, mène à l’instar de Clark Kent une double vie : elle se transforme la nuit en super-héroïne. Sous le délicat sobriquet de « Fuckwoman », cette justicière d’un genre nouveau traque les violeurs en série et les livre à la police après leur avoir fait subir des outrages sexuels (que les âmes sensibles se rassurent, rien n’est décrit). Acclamée par la population qui loue l’efficacité de sa justice expéditive, Fuckwoman se fait à l’inverse des ennemis au sein du LAPD (Los Angeles Police Department) dont elle discrédite le travail. Un homme en particulier, le psychiatre Holocenter, va tenter de la démasquer pour mettre fin à ses agissements…

Chères lectrices, vous avez un tant soit peu la fibre féministe et vous rêvez d’une héroïne capable de venger les affronts infligés aux femmes par des machos sans scrupules ? Eh bien la voici, Fuckwoman, justicière masquée et militante qui passe ses nuits à traquer et châtier les violeurs. Experte en arts martiaux, dotée d’un solide humour et d’un grand sens de la répartie, Fuckwoman ne fait qu’une bouchée de ses malheureux adversaires.     

Le roman fait la part belle à l’action avec des scènes de castagne très cinématographiques, mais sans négliger la psychologie des personnages, à commencer bien sûr par celles de Cynthia et de son ennemi juré, le redoutable docteur Holocenter. Le duel que se livrent les deux protagonistes, aussi brillants l’un que l’autre, constitue d’ailleurs l’un des intérêts principaux du roman. La journaliste intègre et le psychiatre de la police, ambigu à souhait, s’opposent notamment sur la notion de « justice », ce qui donne lieu à des débats très intéressants.  

Fuckwoman est un roman divertissant qui recycle la mythologie du super-héros tout en abordant des thèmes forts : le féminisme, les rapports hommes-femmes, l’attrait de la vengeance personnelle etc. Toutefois, avec un sujet aussi original, j’espérais un roman un peu plus étincelant. Warwick Collins donne l’impression de ne pas avoir exploité tous les ressorts d’une idée à la base excellente. J’ajoute que la fin est une déception : elle est si grandiloquente qu’elle fait à mon sens perdre toute crédibilité au récit. Pire encore : j'ai eu du mal à m'attacher aux protagonistes, et Fuckwoman ne fait pas exception. Sa cause inspire la sympathie, mais pas le personnage en lui-même (opinion très subjective, je l'admets).  

Au final, une lecture agréable, mais pas totalement convaincante.

Note : 7,5/10

Question subsidiaire : quelqu’un sait-il si Warwick Collins est anglais ou sud-africain ? Impossible de trouver la réponse à cette question…
par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Dimanche 3 juin 2007
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Aux Indes, en 1799, la Pierre de lune, un diamant sacré sur lequel pèserait une malédiction, est dérobée par un soldat britannique lors de la prise de Seringapatam. Cinquante ans plus tard, en Angleterre, la Pierre de lune est offerte en cadeau d’anniversaire à la jeune Miss Rachel Verinder, mais le diamant disparaît peu après. Commence alors une longue enquête pour découvrir qui l’a volé…
 
Après l’excellent Dame en blanc, voici La Pierre de lune, une autre oeuvre de l’écrivain victorien Wilkie Collins. Le poète T.S. Eliot a dit de ce roman qu'il était « le premier, le plus abondant et le meilleur de tout ce que l'Angleterre a produit en matière de roman d'énigme ». La Pierre de lune, publié en 1868, peut en effet être considéré comme le premier roman policier de la littérature britannique. On y retrouve les ingrédients des polars modernes (sans une goutte de sang toutefois) : une enquête, un détective (le sergent Cuff, digne précurseur de Sherlock Holmes), du suspense, des rebondissements et une chute inattendue.
 
Mais La Pierre de lune lorgne également du côté du roman d’aventure (touche d’exotisme et de fantastique avec le diamant maudit et l'apparition d'indiens chargés de le récupérer) et de la peinture sociologique (description de la haute-société anglaise du XIXe siècle). Le mélange des genres fait de La Pierre de lune un roman délicieux, d’autant que le style de Wilkie Collins est toujours aussi élégant.   
 
A l’instar de La dame en blanc, l’histoire est racontée par différents protagonistes, et notamment par le très drôle Gabriel Betteredge, l’intendant de la famille Verinder, et Miss Clack, vieille fille bigote et hypocrite à qui l’on doit à mon avis les meilleurs passages du livre. Les personnages en général sont très réussis, même si le couple principal Franklin Blake / Rachel Verinder m’a paru sympathique sans être particulièrement marquant.
 
En résumé, La Pierre de lune constitue un indispensable pour les amateurs de littérature victorienne. J'ai cependant pour ma part préféré La dame en blanc.
 
Note : 8/10
par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Jeudi 31 mai 2007

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Dans un petit village du Pakistan, une femme croit donner naissance à une enfant mort-née. Mais le destin en décide autrement : Nazneen survit. A l’adolescence, elle est mariée par ses parents à Chanu, un homme ennuyeux plus âgé qu’elle, et part s'installer avec lui dans le quartier de Brick Lane à Londres. Isolée dans un pays dont elle ne parle pas la langue, Nazneen va se soumettre à sa vie d’épouse modèle avant de peu à peu se rebeller et d’acquérir son indépendance…
 
Sept mers et treize rivières est le premier roman de Monica Ali, écrivain anglais d’origine bangladaise. Sélectionnée par la revue « Granta » parmi les vingt meilleurs romanciers britanniques de la décennie et finaliste du Booker Prize 2003, Monica Ali est devenue très vite un véritable phénomène littéraire. Bon, honnêtement, j’ai un peu de mal à comprendre cet engouement. Sept mers et treize rivières est sans conteste un bon livre, mais prétendre que j’ai été éblouie serait exagéré.
 
Certes, l’intrigue est basée sur des thèmes forts (choc des cultures, racisme, intégration, développement du fondamentalisme religieux etc.), et l’évolution du personnage central est intéressante. Sept mers et treize rivières dresse en effet le très beau portrait d’une étrangère tiraillée entre la tradition et son désir de liberté. Au début du roman, Nazneen est une femme profondément fataliste qui accepte sans se plaindre son mariage arrangé, son départ pour l’Angleterre et sa morne vie auprès d’un époux qu’elle n’aime pas. Elle reste en outre très attachée à la culture de son pays natal (elle porte toujours un sari et reste le plus souvent confinée chez elle à s’occuper des travaux domestiques). Puis, peu à peu, la rébellion gagne Nazneen qui va s’affirmer par divers moyens et tenter de prendre le contrôle de son existence, ce qui n’ira pas sans sacrifices. Les autres protagonistes sont également très réussis, ils sont criants de vérité. Le pontifiant Chanu notamment, totalement dénué de charme mais pas de gentillesse, est un personnage plein de nuances.
 
Malgré ses évidentes qualités, je n’ai pas été vraiment emballée par ce livre, peut-être parce que Nazneen est une femme tellement soumise qu’il est difficile de s’identifier à elle (son fatalisme la rend agaçante et on a envie de la secouer pour la forcer à réagir). J’ai trouvé également que le roman avait tendance à s’étirer en longueur. Le récit se focalise en effet sur la vie quotidienne de Nazneen en disséquant ses moindres actions et pensées. Malheureusement, l’existence de l’héroïne n’est guère palpitante, et je me suis parfois ennuyée. Mais ce qui m’a le plus gênée est l’absence d’émotion : le récit m’a intéressée, mais ne m’a pas touchée. Je suis restée extérieure à la vie de Nazneen, un peu comme elle d’ailleurs… Et j’avais lu que le roman était drôle, mais là il faudrait qu’on m’explique à quel endroit….      
 
Sept mers et treize rivières vaut quand même le détour car il permet d’appréhender le monde occidental à travers les yeux d'une femme appartenant à une autre culture, ce qui est toujours instructif. 

Voir les avis enthousiastes de Papillon et d’Agapanthe, et celui, assez semblable au mien, de So

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller le très intéressant article que Pierre Assouline a consacré sur son blog aux réactions intégristes provoquées à Londres par le tournage du film tiré du livre. Ca fait peur…
  
Note : 7,5/10
par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Lundi 14 mai 2007

 

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Bienvenue dans le monde déjanté et burlesque de Kate Atkinson (qui est, pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, mon auteur culte) ! Si vous aimez les intrigues réalistes, les situations terre-à-terre, les personnages qui ressemblent à vos voisins de palier, passez votre chemin : Sous l'aile du bizarre n'est pas fait pour vous ! En revanche, si les histoires alambiquées et les personnalités tordues vous ravissent, foncez tête baissée, vous allez vous régaler ! La lecture de ce roman s'apparente parfois à un voyage dans la quatrième dimension : tout y est loufoque, et on rit du début à la fin, même si l'émotion n'est pas absente. 

 

Comme toujours avec Kate Atkinson, la trame du roman n'a rien de linéaire. Plusieurs récits s'enchevêtrent dans Sous l'aile du bizarre. Tout part de la conversation qui se tient sur une île déserte écossaise entre l'héroïne, Effie Stuart-Murray, et sa mère, Nora. Celle-ci raconte l'histoire obscure et mouvementée de leur famille qui descendrait en droite ligne de Marie Stuart, tandis qu'Effie lui dresse un tableau cocasse de sa vie estudiantine dans les années 70 à l'Université de Dundee.    

 

Les chapitres dans lesquels Effie relate ses études littéraires à Dundee sont sans conteste les plus tordants du livre. Kate Atkinson y montre un véritable génie de la caricature : la vie universitaire, les étudiants amorphes, les professeurs égocentriques encore plus cinglés que leurs élèves, les cours de création littéraire, tout est prétexte à rire (à ne pas manquer : l'expédition jubilatoire d'Effie et ses amis dans une ferme hippie). C'est le délire total de bout en bout, et les personnages y sont pour beaucoup. Si l'héroïne est à peu près saine d'esprit, il n'en va pas de même des autres protagonistes. Effie est entourée de personnages complètement décalés, à commencer par sa meilleure amie, Terri, plus proche du zombie que de l'être humain ("Petite et fluette, Terri était habillée, ainsi qu'à son habitude, comme une gouvernante victorienne atteinte de démence. Ses joues étaient un peu plus pâles que pâles, comme celles d'un cadavre vieux de trois jours, et, malgré l'obscurité régnant dans le vestibule et l'escalier, elle portait des Ray-Ban Wayfarer") et Bob, son petit ami complètement crétin ("Bob avait lui-même fait une tentative pour devenir bouddhiste - le simple fait de claquer dans ses mains pouvait l'occuper pendant des journées entières - mais il avait fini par renoncer parce qu'il n'en voyait pas l'intérêt"). Tous les personnages ont un grain et sont capables d'à peu près n'importe quoi, ce qui aboutit à des situations surprenantes !

 

Sous ses aspects excentriques, Sous l'aile du bizarre est aussi une réflexion intéressante sur le processus de création littéraire, car les étudiants de Dundee sont tous des aspirants écrivains : Effie écrit un polar, Andrea des romans à l'eau de rose, Kevin une saga d'héroic fantasy en vingt volumes etc. Kate Akinson multiplie les extraits de ces différents romans et on voit qu'elle excelle dans tous les styles !

 

Avec Sous l'aile du bizarre, son oeuvre la plus décapante et la plus disjonctée, Kate Atkinson fait une fois de plus la preuve de sa virtuosité. On retrouve dans ce roman les thèmes qui lui sont chers : les allers retours entre le présent et le passé ou les secrets de famille enfouis, mais jamais ils n'avaient été abordés de façon aussi drôle (certains passages sont assez dramatiques, mais ils sont noyés dans la folie ambiante !).     

 

Je vénère !

 

Note : 10/10

par Caroline publié dans : Littérature anglaise
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Auteurs de A à Z

ALCOTT, Louisa May : Derrière le masque
ALI, Monica : Sept mers et treize rivières
ALLENDE, Isabel : Le royaume du dragon d'or

ATKINSON, Kate :
- Dans les replis du temps
- Sous l'aile du bizarre
- La souris bleue
- Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux
ATWOOD, Margaret : Captive

AUSTER, Paul : Mr. Vertigo

BARJAVEL, René : La nuit des temps
BERNARD, Tristan : citations 
BLIXEN, Karen : La ferme africaine

BONGRAND, Caroline : Pitch

BRADDON, Mary Elizabeth : Henry Dunbar

CHILDRESS, Mark : La tête dans le carton à chapeaux

CLARKE, Stephen : God save la France

COE, Jonathan : Testament à l'anglaise
COLLINS, Warwick : Fuckwoman

COLLINS, Wilkie : 
- Basil
- La dame en blanc 
- La Pierre de lune

CORLETT, William : Deux garçons bien sous tous rapports
DAHL, Roald : Kiss Kiss

DUCHATEAU, André-Paul :
- Les chemins de lune
- Le voleur d'âmes
ELLIS, Bret Easton : 
- Moins que zéro
- Lunar Park

ERRE, J.M. : Prenez soin du chien
FFORDE, Jasper : L'affaire Jane Eyre
GARCIA MARQUEZ, Gabriel : Journal d'un enlèvement
GAVALDA, Anna : Ensemble, c'est tout

GOMBROWICZ, Witold : Les envoûtés

GRAN, Iegor : O.N.G.!

HARRIS, Robert : Fatherland

HAYDER, Mo : Tokyo
HORNBY, Nick : Haute fidélité

JAMES, Henry : Washington Square

KENNEDY, Douglas : 
- Cul-de-sac
- Une relation dangereuse
- La femme du Ve

KOBO, Abé : La femme des sables 
LANG, Fritz : Les Araignées 
LEE, Harper : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

McCANN, Colum : Danseur

McEWAN, Ian : Délire d'amour
MEYER, Stephenie : Fascination
NEMIROVSKY, Irène : Ida
NOTHOMB, Amélie :
- Le sabotage amoureux
-
Mercure
- Métaphysique des tubes
OATES, Joyce Carol : Les Chutes

PEREZ-REVERTE, Arturo : Le capitaine Alatriste

PERRY, Anne : Un étranger dans le miroir

PROULX, Annie : Brokeback mountain
ROWLING, J.K. : Harry Potter et les Reliques de la Mort
RUIZ ZAFON, Carlos : L'Ombre du vent
SAGAN, Françoise : Les faux-fuyants

SEBOLD, Alice : La nostalgie de l'ange

SINOUE, Gilbert : Le Livre de saphir

STACE, Wesley : L'infortunée

SUZUKI, Koji : Ring

TROYAT, Henri : Les Eygletière

URASAWA, Naoki : Monster

VAN CAUWELAERT, Didier : 
- Attirances
- L'éducation d'une fée
VIAN, Boris : J'irai cracher sur vos tombes

WEISBERGER, Lauren : Le Diable s'habille en Prada 
WHARTON, Edith :
- Xingu
- Le Temps de l'innocence
WILSON, Francis Paul : La forteresse noire

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