
Renouant avec son premier métier, le journalisme, Gabriel García Márquez s’est donc lancé dans une longue enquête sur le déroulement du drame. De fait, le style de Journal d’un enlèvement est très documentaire et peut surprendre les adeptes des romans baroques de Márquez. Avec sobriété, celui-ci dissèque la vie angoissante des otages, la douleur et les espoirs de leurs familles, les tractations politiques, la couverture par les médias des enlèvements. Le ton est grave, parfois poignant, et le livre est si réaliste qu'on en sort perturbé.
Toutefois, je n’ai pas été totalement emballée, la faute à ce style journalistique que j’ai modérément apprécié (que voulez-vous, je suis très sectaire, je n’aime que les romans). Journal d’un enlèvement mérite cependant d’être lu, et ce pour au moins deux raisons : d’abord parce que le thème est malheureusement toujours d’actualité, il suffit de penser à la situation d’Ingrid Betancourt. Ensuite parce qu’il est très instructif, et qu’on comprend mieux la Colombie contemporaine lorsqu’on a tourné la dernière page. Gabriel García Márquez a fait preuve d’un vrai souci du détail, et parvient à rendre à peu près claire une histoire complexe dans laquelle se multiplient les personnages. Il apporte de ce fait un éclairage très intéressant sur cette tragédie qui a ensanglanté son pays il n’y a pas si longtemps.
Note : 7/10




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