
Gros coup de cœur pour Ida, qui retrace les derniers jours de gloire d’une meneuse de revue sur le déclin. Menacée par des rivales plus jeunes qui tentent de la pousser vers la sortie, Ida lutte pour se maintenir au sommet. Accro aux paillettes et à la célébrité, elle ne peut envisager une vie dans l’anonymat et refuse de raccrocher. Mais Ida se berce d'illusions : la vieillesse gagne du terrain, et le combat devient de plus en plus ardu. Ida inspire à la fois de l’admiration et de la pitié. De l’admiration pour son courage et sa ténacité, car sa vie n’est qu’une suite de sacrifices et d’efforts surhumains consentis pour rester au faîte de la gloire. Mais aussi de la pitié, parce qu’au final cette gloire si chèrement payée ne la rend pas heureuse, et que sa solitude l’étouffe. La chute de l’histoire est d’ailleurs impitoyable.
Un cran au-dessous d’Ida, la deuxième nouvelle s’intitule La comédie bourgeoise. Là encore, il s’agit d’un portait de femme émouvant et cruel, celui de Madeleine, issue de la petite bourgeoisie provinciale engoncée dans ses conventions. La vie de Madeleine s’écoule à travers les pages, monotone et sans aspérités : ses fiançailles, son mariage, ses enfants, chaque phase de son existence se déroule selon des rites immuables. Enfermée dans son rôle d’épouse et de mère modèle, elle supporte sans broncher les coups durs et laisse même échapper sa seule chance de bonheur.
Beaucoup d’amertume, de justesse et de lucidité dans ces deux destins de femmes. Une très belle découverte donc (merci Tamara !). Du coup, j’ai rajouté Suite française à ma LAL.
Note : 9/10






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