Un instituteur passionné d'entomologie part à la recherche d'une nouvelle espèce d'insectes des sables. Sa quête le mène dans un petit village isolé perdu dans les
dunes. Là, il est hébergé pour la nuit par une jeune veuve dont la maison, située au fond d'un trou, est dominée par une falaise de sable. Le lendemain matin, l'homme découvre que
l'échelle de corde qui permet de sortir du trou a disparu, et il se retrouve prisonnier avec la femme. D'où cette question lancinante qui sert de fil conducteur au roman : l'homme
parviendra-t-il à s'évader de sa prison de sable et à renouer avec son ancienne vie ?
La femme des sables est considéré comme l'un des fleurons de la littérature japonaise contemporaine. Il a été couronné au Japon par le prix Akutagawa en 1962, et en France par le prix du
meilleur livre étranger en 1967. Malgré sa réputation de chef-d'oeuvre, je dois reconnaître que la lecture de cet ouvrage m'a laissé une impression mitigée. J'ai eu le sentiment de lire
un roman intense et puissant, d'une rare profondeur, et en même temps je ne suis jamais parvenue à rentrer complètement dans l'histoire.
L'intrigue, kafkaïenne à souhait, a pourtant le mérite de l'originalité, puisqu'elle est centrée sur un élément, le sable, qui est véritablement le héros du récit. La vie des deux
personnages principaux s'organise autour de lui : la femme qui vit dans son trou, passant chaque jour de sa vie à déblayer le sable qui menace sa maison, et l'instituteur effaré, qui ne
comprend pas comment elle peut accepter cette existence routinière et laborieuse et qui cherche désespérément à fuir le village.
L'ambiance créée par l'auteur dans La femme des sables est particulièrement remarquable : elle est pesante, angoissante, et on se sent parfois à la limite de
la claustrophobie avec ce sable qui envahit tout, qui s'infiltre dans la moindre fissure, qu'il faut sans cesse repousser mais qui revient toujours, tel un
adversaire invincible. Ce sable qui impose aux habitants du village une existence d'esclave, cet esclavage étant ironiquement la condition même de leur survie.
Au final, l'instituteur découvrira que la liberté n'est pas forcément là où on le croit. La femme des sables est riche de symbolismes et peut s'interpréter de multiples façons,
notamment comme une parabole de la condition humaine. Mais personnellement, je pense être passée à côté de la portée philosophique du livre et ne pas en avoir saisi toutes les
subtilités faute de véritable intérêt.
Avis partagé donc : ce roman étrange et d'une grande richesse tant stylistique que symbolique mérite le détour, mais je n'ai pas éprouvé de réel plaisir à le lire. Je pense
toutefois le relire un jour, et peut-être alors en aurai-je une vision différente car j'ai l'impression de ne pas l'avoir apprécié à sa juste valeur.
Voir l'excellente critique de Papillon qui a beaucoup aimé La femme des sables.




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